Marie Sommer

                   


Modelo III: Ciertas observaciones de Barthes sugieren que algo ocurre sólo en la medida es nombrado, es narrado. No es descabellada la idea de que en una habitación o en un bosque cuyos silencios sean absolutos (en una habitación sin signos) se detiene el tiempo. Este es el sueño de la fotografía: detener el mundo al abolir su sonido (su signo). La máquina para la luz no es un instrumento de captación de fotones, sino una cámara de reducción de realidad a silencio. Aísla de tal modo lo que ve, que lo convierte en algo inaudible.


Todo objeto es parlante; todo objeto es potencialmente un sonido sobre otro objeto; todo objeto es un signo si se encuentra con el otro. Una piedra espera pronunciar su signo durante siglos, hasta que la piel de un ciervo de altura choca con ella. Su signo es ambiguo (el susurro de una fricción): es tanto de la piedra como de la piel del corzo. Pero el silencio de la piedra es imaginario: sólo la prueba de su soledad radical. La piedra está repleta de voces, contiene todo un lenguaje desarticulado que espera, agolpado en la superficie de sus límites, al otro que lo desate (1).


La fotografía hace inaudible al mundo y así lo detiene. La mirada se encuentra en mitad de un valle inaudible. El hombre toca sobre un espejo su rostro reflejado: parece querer recuperar el cuerpo de ese otro que aparece en la lámina de luz. Pero lo que quiere es recuperar el tacto que a él mismo le arrebata el espejo. La imagen fotográfica, alejada del objeto de la que se tomó, es una inaudición. El observador intenta escuchar el signo del paisaje, y, al hacerlo, llega al interior de una voz vacía. El observador intenta recuperar la voz del objeto (su susurro inherente, su ocurrir), pero ésta es el movimiento de la boca de un pez fuera del agua. El observador percibe cómo el lugar en el que ha caído su mirada le ha desposeído de la capacidad de oír. El observador percibe cómo el lugar en el que ha caído su mirada le ha desposeído de la pronunciación. El objeto ha quedado por fin detenido, escindido del transcurso, fuera de lo audible. La fotografía es como el pez en el desembarcadero:


Hay un pez detenido sobre el desembarcadero de madera. Fuera del mar (fuera de su temporalidad), sólo sus labios se mueven. El pez es un objeto que se pronuncia. Es una pronunciación incomprensible para los que lo observan. El pez pronuncia un lenguaje vacío, inaudible. El pez (el objeto), entonces, se pronuncia sin que el tiempo tenga transcurso. La radicalidad de su silencio se inscribe en cada una de las palabras que repite su boca.
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(1) Otra manera de ver la voz de los objetos inertes es definirla como una voz media, o la mitad de una voz. Un objeto inerte (un muro, el tronco de un árbol, una manzana) es la mitad de una voz.




Modèle III: Certaines observations de Barthes donnent à penser qu'une chose se passe uniquement lorsqu'elle est nommée et racontée. Il n’est pas exagéré de penser qu’une chambre ou une forêt dont les silences sont absolus (dans une pièce sans signes) arrête le temps. C’est le rêve de la photographie que d’arrêter le monde en abolissant le son (c’est-à-dire son signe). L’appareil photographique n’est pas un instrument pour capturer les photons mais une chambre de réduction au silence. Il isole ainsi ce qu’il voit et le convertit en objet inaudible.


Tout objet parle ; tout objet est potentiellement un son lorsqu’il heurte un autre objet ; et tout objet est un signe s’il répond à un autre. Une pierre attend d’énoncer son signe pendant des siècles, jusqu’à ce que la peau d’un cerf entre en collision avec elle. Ce signe est ambigu (le murmure de la friction) car il est autant le son de la pierre que celui de la peau du cerf. En fait, le silence de la pierre est imaginaire, l’unique preuve de sa solitude radicale. La pierre est pleine de voix ; elle contient une langue désarticulée qui, comme confinée, attend l’autre pour se délier. (1)


La photographie rend le monde inaudible en le saisissant. Le regard se retrouve perdu au beau milieu d’une vallée inaudible. L’homme touche son visage reflété dans un miroir : il semble vouloir rattraper le corps de celui qui apparaît dans la feuille de lumière. Mais ce qu’il veut, en réalité, c’est retrouver la sensation du toucher que lui a ôté le miroir. L’image photographique, distante de l’objet qu’elle prend, est inaudition. L’observateur tente d’entendre le signe du paysage et ce faisant, atteint l’intérieur d’une voix vide. Il tente de récupérer la voix de l’objet (son murmure inhérent, son avènement) mais celle-ci est ressemble au mouvement de la bouche du poisson hors de l’eau. Il perçoit combien le lieu dans lequel est tombé son regard l’a privé de la possibilité d’entendre. Il perçoit combien le lieu dans lequel est tombé son regard l’a privé de la prononciation. L’objet a finalement été saisi, séparé du cours des choses, devenu inaudible. La photographie est comme un poisson au débarcadère.


Un poisson gît sur les planches en bois du débarcadère. Hors de l’eau, hors du temps, il remue seulement les lèvres. Le poisson est un objet qui prononce. C’est une prononciation incompréhensible à ceux qui l’observent. Le poisson prononce un langage vide, inaudible. Le poisson (ou l’objet) prononce sans que le temps n’ait de prise. La radicalité de son silence s’inscrit dans chacune des paroles que répète sa bouche.
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(1) Une autre façon de voir la voix des objets inanimés est de le définir comme une voix au milieu ou la moitié d’une voix. Un objet inerte (un mur, un tronc d’arbre, une pomme) est une demi-voix.




Model III: certain of Barthes' observations lead one to think that things take place only when they are named and explained. It's no exaggeration to think that a room or forest which is totally silent (without signs) stops time. The dream of photography is to stop the world by abolishing sound (in other words, its sign). The camera is not simply an instrument for capturing photos, but a silencing chamber. It isolates what it sees, and converts it into an inaudible object.


All objects speak; any object is potentially a sound when it strikes another object; and any object is a sign if it responds to another. A stone may wait centuries to announce its sign, until the skin of a deer collides with it. This sign is ambiguous (the murmur of friction), as it is as much the sound of the stone as that of the deer's skin. In fact, the silence of the stone is imaginary, the only proof of its radical solitude. The stone is full of voices; it contains a dislocated language which, as though confined, requires the other in order to be freed up. (1)


Photography renders the world inaudible by taking hold of it. A look becomes lost in the middle of an inaudible valley. A man touches the reflection of his face in a mirror; he seems to want to catch the body of the one who appears in the mirror. But what he wants, in fact, is to regain the sensation of touch which the mirror took away from him. The photographic image, distant from the object whch it takes, is inaudible. The observer attemps to hear the sign of the landscape, and in doing this, attains the interior of an empty voice. He attemps to regain the voice of the object (its inherent murmur, its advent), but it resembles the mouth of a fish out of water. He realises how much the space he is looking into has robbed him of the possibility of hearing. He realises how much the space he is looking into has robbed him of pronounciation. The object has finally been grasped, separated from the course of things, become inaudible. Photography is like a fish on the wharf.


A fish lies on the wooden planks of the wharf. Out of water, out of time, only his lips are moving. The fish is an object which pronounces. This pronounciation is incomprehensible to those who observe it. The fish pronounces empty, inaudible language. The fish (or the object) pronounces, and time has no hold on it. The radicality of its silence is marked on each of the words which his mouth repeats.
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(1) Another way to think of the voice of inanimate objects is to definie it as a middle-voice or half of a voice. An inert object (a wall, a treetrunk, an apple) is a half-voice.




Albert Corbí, Madrid, 13 / 05 / 2013